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  • Photo du rédacteurSophie Bonnaure

Cher Monsieur Monet


J’ai aujourd’hui un ardent besoin de beauté, de joie, de vie et vous écrire à nouveau le nourrit.

La première fois, vous en souvenez-vous, c’était le dimanche 15 juillet 2018, juste après ma première exposition. J’étais venue sur vos terre pour vous remercier et passer en quelque sorte la journée avec vous. J’avais mis mes pas sur vos pas, au bord de votre étang aux Nymphéas et une émotion intense m’était venue parce qu’il existe une photo de vous en train de peindre, exactement à l’endroit où je me trouvais. Et c’était comme si la terre gardait la mémoire de vos piétinements, de vos retournements, de votre présence. Je le sentais bien.

Dans votre maison, j’aime surtout votre chambre aux trois fenêtres qui donnent sur le jardin, votre chambre est inondée de soleil les jours de beau temps. Votre lit me semble confortable. Aux murs, les tableaux de vos amis, Manet, Renoir, Cézanne. Au sol un grand tapis sur lequel sont posés des meubles clairs.

Votre grand atelier, à droite après l’entrée dans la propriété, celui construit en vue de la création des Nymphéas aujourd’hui exposés au musée de L’Orangerie, a été transformé en un vaste supermarché où sont vendus les produits dérivés de vos œuvres. Curieusement, cette déferlante commerciale n’enlève rien à l’esprit des lieux. Vous y êtes encore.

Entre vous et moi, c’est une histoire à la fois sans fin et sans lendemain. Comme je me sens de plus en plus à l’aise dans les paradoxes, cela me va.

Dans quelques jours, je vais me rendre une fois encore à L’Orangerie. J’aime m’asseoir dans la première salle à gauche. Je vous vois dans cette toile. Je vois votre visage. Et il y a aussi Rimbaud et le Bouddha.

Et moi je vous ai peint un jour. Plus précisément, vous êtes apparu sur l’une de mes toiles, tout en haut au milieu. Une de mes filles m’a mise sur la voie en me disant : « tu as peint Freud ? ». Je ne comprenais pas. Puis, à bien y regarder, je vous ai vu. J’ai comparé votre visage avec une photo de vous qui m’accompagne depuis longtemps : la ressemblance était frappante.



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